Des actions écologiques concrètes à commencer pendant le confinement

Confinés, nous passons plus de temps chez nous. C’est le moment où jamais pour faire ces petites choses que l’on repousse toujours. Trier ses photos c’est bien, mettre en place des comportements plus écoresponsables c’est mieux ! Oui, mais par où commencer ? Je propose de suivre la méthode de la « communication engageante » : choisir et réaliser un petit nombre d’actions concrètes, et surtout s’y engager devant quelqu’un. J’illustre ici comment on peut s’y prendre.

Lecture 13 minutes

Le mode de vie plus écologique, c’est un peu comme le grand nettoyage de printemps chez soi : on sait tout ce qu’il y aurait à faire, mais on ne sait pas par quel bout commencer, alors on finit par ne rien faire.

Si une partie d’entre nous sommes déjà persuadés de la nécessité de changer nos comportements pour préserver la planète et le climat, qu’en est-il en revanche de notre engagement par les actes ? Souvent trop hypothétique, trop lointain, trop oral… bref, quasi absent. Je m’inclus dans ces nombreuses personnes, conscientes des problèmes mais, dans les faits, pas du tout à la hauteur de cette conscience.

« A little less conversation, a little more action », chantait Elvis. Passons donc aux actes pour changer cela, et moi le premier. Mais comment nous y mettre concrètement ?

Amener les gens à faire publiquement des actes simples et écoresponsables, qui, progressivement, débouchent sur des comportements plus élargis

Une solution consiste à commencer petit, pour mettre le pied à l’étrier. Avant de nettoyer l’intégralité de notre appartement ou maison, attaquons-nous par exemple à l’évier de la salle de bains, un objectif défini et abordable ; ensuite nous serons lancés dans une bonne dynamique pour entreprendre le reste. De même, n’essayons pas de devenir du jour au lendemain les citoyens écoresponsables modèles de 2030, commençons par de petits changements faciles et concrets, mais en s’engageant devant d’autres personnes à les réaliser dès aujourd’hui.

Amener les gens à faire publiquement des actes simples et écoresponsables, qui, progressivement, débouchent sur des comportements plus élargis : voilà le cœur de la méthode dite de la « communication engageante », développée à l’Université d’Aix-Marseille, et qui lie la persuasion classique à l’engagement par les actes. Ses auteurs, les psychologues Robert-Vincent Joule et Fabien Girandola, ont prouvé son efficacité sur le terrain (par exemple pour encourager le tri sélectif) et la préconisent face au défi climatique. Comme je l’annonçais dans mon précédent article, je mets aujourd’hui à l’honneur cette méthode, en l’appliquant à moi-même devant un public (vous), et en vous invitant à faire de même. Et comme il serait malvenu d’appeler à s’engager sans prouver qu’on le fait soi-même, je liste plus bas, conformément aux principes de la communication engageante, les petites actions concrètes que j’ai entreprises aujourd’hui avant de publier cet article.

Profitons du confinement pour nous organiser

« Mince, j’ai oublié les sacs de courses chez moi. Tant pis, j’en rachèterai à la caisse ».
« Mince, j’avais oublié qu’il y a un train de nuit Paris-Venise, et j’ai déjà acheté mes billets d’avion. »
« Mince, il n’y a que des fraises du Maroc, c’est vrai qu’on est en février. Mais maintenant que mes invités attendent ma charlotte aux fraises… »

Connaître les solutions écologiques ne suffit pas, encore faut-il bien les mettre en œuvre. Un mode de vie plus sobre et plus respectueux de l’environnement ne demande pas de grands efforts, mais il demande un peu d’organisation, surtout au début. De nombreux gestes sont faciles et efficaces une fois qu’on a installé des routines.

« Il faudrait que je prenne le temps un jour d’organiser tout ça. » Et bien justement, ce moment est arrivé. Vous êtes confiné(e) à domicile, voire au chômage technique, c’est un contexte qui se prête à changer ses gestes quotidiens, à mettre en place de bonnes habitudes. Voici donc une petite liste suggérant des actions faciles à mettre en œuvre.

Des exemples d’actions concrètes à initier dès aujourd’hui

Mieux vaut faire un peu aujourd’hui, que beaucoup peut-être un jour. Parmi les exemples d’actions que je liste ci-après, choisissez-en trois seulement, selon vos goûts et vos situations, mais réalisez-les dans les prochains jours, voire dès aujourd’hui si possible. Ce sera un très bon début et vous motivera à en faire plus par la suite.

– lister les magasins d’occasion près de chez vous.
Vous pourrez ainsi acheter des produits manufacturés de seconde main. Surtout pour les habits, que l’on achète neufs et que l’on porte de moins en moins longtemps. Savez-vous que l’industrie textile est parmi les plus polluantes au monde, peut-être même la 2è derrière celle du pétrole ? Que les 3/4 des habits produits finissent enfouis ou incinérés, alors qu’ils sont composés en moyenne de 63 % de plastique ? Pareil pour nos objets du quotidiens, meubles, vaisselle, voitures, mais aussi téléphones, ordinateurs, chaînes Hi-Fi. Faites un tour dans un magasin Emmaüs, vous serez peut-être surpris de la qualité des objets à vendre. Le site Label Emmaüs propose d’ailleurs la vente en ligne : vous pouvez repérer dès aujourd’hui les magasins près de chez vous, et y aller dès la fin du confinement.

– se renseigner sur les lignes de trains de nuit en Europe.
Rien de nouveau, l’avion pollue. D’après l’ADEME il émet environ 100 fois plus de CO2 que le train. Or, on pense trop peu souvent au train de nuit en remplacement de l’avion. C’est vrai qu’il est peu médiatisé par rapport aux lignes à grande vitesse, et souffre des travaux d’infrastructures souvent menés les nuits. Il a pourtant des avantages, comme le fait d’arriver en centre ville, de pouvoir se déplacer à bord, de mieux dormir que dans un bus, et n’est pas forcément cher. Après un lent déclin depuis les années 1960 (voir cet intéressant historique), ce moyen de transport qui avait révolutionné la mobilité dès 1840 semble connaître récemment en Europe un certain renouveau. En tout cas, depuis Paris on peut rejoindre Toulouse, Milan, Venise, Berlin, Varsovie…

– installer des sacs réutilisables ou des cabas dans sa voiture ou son sac à main/à dos.
Vous les aurez sous la main lors des courses. Tout bête, mais ça évite des achats inutiles.

– dans la même veine, s’entraîner à refuser les emballages en boulangerie.
Notamment lorsque l’on va consommer de suite. Pourquoi accepter un sachet et une ou deux serviettes qui vont finir à la poubelle dans une minute, quand on achète une chocolatine (oui, je dis chocolatine) que l’on va engloutir aussitôt ? On peut aussi bien la prendre dans la main, et se lécher les doigts. Je parle bien de « s’entraîner » à refuser, car les employés sont tellement rodés à distribuer les emballages qu’il est parfois difficile de les arrêter. Essayez, vous verrez.

– se renseigner pour réaliser un compost dans son jardin ou dans son quartier.
De nombreuses initiatives locales existent dans les villes, et de nombreux sites Internet et magazines expliquent comment faire. Certaines municipalités incitent même à adopter des couples de poules qui consomment une grande partie des déchets compostables, pour ceux qui ont un jardin. Le compost permet de réduire d’environ 30 % la poubelle noire, qui finit enfouie ou brûlée.

– passer aux couches lavables pour votre bébé.
Comme vous n’avez plus la crèche ou la nounou, vous constatez que des amas de couches sales envahissent votre appartement de confiné(e), vous obligeant à sans cesse descendre les poubelles et remonter au 6ème étage des énormes paquets de couches, sachant qu’ils seront bien vite consommés par votre adorable petite machine à cacas ? Pensez à passer aux couches lavables, plus chère à l’achat bien sûr, mais aux avantages nombreux : des économies d’environ 1 000€ par bébé, pas de produits chimiques inconnus et allergènes, pas besoin de gros stocks dans les placards, et des montagnes de déchets en moins, puisque les 4 500 couches jetables utilisées en moyenne par enfant sont non recyclables et mettent plusieurs siècles à se dégrader. Il existe par ailleurs plusieurs marques et des coloris sympas qui en font de vrais vêtements. Alors, les couches lavables, ce n’est plus un truc de hippie, mais une bonne résolution de confinement !

– préparer ses produits ménagers et cosmétiques maison.
Oublions ces composés chimiques indésirables et ces prix trop chers. Les livres et sites Internet consacrés à ce sujet ont fleuri ces dernières années, par exemple , , ou . Savez-vous que pour préparer une lessive liquide, il suffit d’eau, de savon de Marseille et… c’est tout. Selon l’envie, on ajoutera quelques gouttes d’huiles essentielles pour le parfum, et un peu de bicarbonate de soude voire de percarbonate de soude pour laver plus blanc que blanc. L’assouplissant ? Du vinaigre de vin blanc suffit. Tous ces produits sont bon marché, ainsi on se concocte facilement une lessive pour 0,20 € le litre. Comparez donc avec les prix en magasin : comme souvent avec les gestes écologiques, les économies d’argent sont une deuxième bonne raison de s’y mettre. Pareil pour le démaquillant, le liquide vaisselle, le débouche-évier, le nettoyant four, carrelage, vitres, parquet, tous sont faciles à préparer. Une bonne manière de procéder est d’acheter en quantité les 4-5 ingrédients de base, ainsi que des huiles essentielles, qui vous permettront de préparer la plupart des produits. Si vous ne pouvez pas tout acheter à cause du confinement, soyez en tout cas prêts à faire feu. Allez, commencez par un facile, le dentifrice : argile et bicarbonate de soude. Le tube de dentifrice industriel que je termine, se voulant « naturel » car à base de plantes, est fabriqué en Turquie et contient pas moins de 19 ingrédients aux noms parfois inquiétants même pour un scientifique.

– entretenir vos objets domestiques.
Vous prolongerez ainsi leur durée de vie et contrerez l’obsolescence programmée. C’est une suggestion du site halteobsolescence.org pour occuper votre confinement. Au passage, faites un tour sur produitsdurables.fr, pour savoir qui fabrique les lave-vaisselle ou les ordinateurs les plus durables. Ce site instructif recense des avis sur les divers fabricants et regroupe de nombreux conseils.

Etc., etc.

Sur ces petits gestes en eux-mêmes, je n’apporte rien de nouveau. Tous sont déjà bien connus, et la plupart ne sont d’ailleurs que nos anciennes pratiques d’il y a quelques décennies…

Je ne prétends même pas avoir résumé ici les plus pertinents ou les plus faciles, je veux simplement montrer quelques exemples concrets pour commencer dès aujourd’hui, et proposer une méthode « coup de pouce » pour mieux se lancer. L’important est d’agir tout en s’y engageant devant une ou plusieurs personnes. Faites équipe avec votre partenaire, ou vos enfants, vos parents, vos collègues, vos amis, vos voisins, qui vous voudrez, mais engagez-vous l’un l’autre à initier quelques actions concrètes, celles que vous préférez, et fixez une date pour vérifier mutuellement votre avancement, dans une semaine ou dans un mois.

Pour aller plus loin dans les idées d’actions concrètes, parcourez à ce sujet les dizaines de livres, magazines et sites Internet très bien faits, fourmillant de créativité et de bonne humeur, qui vous exposent tout ce que vous pouvez faire. Par exemple, initiez-vous au zéro déchet, ou choisissez parmi plus de 200 actions accessibles en moins de dix minutes listées par le mouvement citoyen Ça commence par moi… mais n’oubliez pas de vous engager publiquement ! C’est seulement ainsi que la communication engageante porte ses fruits.

Mes actions concrètes

Voici ce que j’ai réalisé aujourd’hui. Tout ça n’était pas vraiment prévu en me levant ce matin, mais mon engagement public devant vous a été une bonne motivation – avant même que vous en soyez informés.

1) dresser mon bilan carbone personnel (25 min)

Quitte à changer ses habitudes, autant commencer par les plus utiles. Faire un bilan des émissions de CO2 personnelles est un bon moyen de savoir lesquelles de nos activités sont les plus néfastes pour la planète. Quantifier le problème permet d’aller au-delà des discours purement intentionnels et tranquillisants (« je fais un geste pour la planète »), tout en évitant les incohérences : pas la peine de faire des demi-chasses d’eau toute l’année si l’on va au Mexique en avion voir ses amis.

Le bilan carbone, ce n’est pas la nouveauté 2020, ça existe depuis 2001, ça a été créé par Jean-Marc Jancovici, puis repris par l’ADEME et la fondation Hulot. On en a tous déjà entendu parler, or qui a réalisé son bilan personnel ? Vous peut-être, moi toujours pas. Il existe plusieurs outils en ligne pour le faire, ils ne détiennent pas notre vérité personnelle mais nous donnent une bonne idée. J’ai donc testé cet outil rapide (3 min 30 s chrono) et celui-ci plus détaillé (22 min chrono, le temps de rassembler mes factures électricité et chauffage, et d’estimer mes consommations mensuelles en nourriture et produits manufacturés).

Mon bilan annuel : 2.750 kg équivalent carbone (kg Ce), je suis donc au-dessus de la moyenne française (2.630), et bien loin de l’objectif pour l’année 2050 (500). Pas exemplaire pour quelqu’un qui parle d’écologie dans son blog.

Résumé graphique de mon bilan carbone personnel, selon l’outil MicMac du site avenirclimatique.org

Le transport est le plus gros poste, je me déplace en effet en voiture, pas quotidiennement mais souvent, et surtout je prends l’avion plusieurs fois par an, pour raisons professionnelles mais pas que. Une surprise : la part de l’informatique (matériel, téléphonie mobile, forfait Internet, etc.), avec 20 % du total de mes émissions. Ces activités émettent bien plus que je ne le croyais, car je suis loin d’être accro au numérique et je n’ai pas changé mon smartphone depuis 9 ans. Côté assiette, le peu de viande de bœuf que je consomme représente quand même un tiers de mes émissions liées à l’alimentation, qui font, elles, 8 % du total.

Un tel bilan carbone permet de choisir des mesures personnalisées. Dans mon cas, rien ne sert par exemple de devenir végétarien (gain possible de 4 % de mes émissions totales) si je ne réduis pas mes déplacements en avion (gain possible de 28 %).

Et vous, où vous situez-vous ?

2) lister les réparateurs d’électroménager et d’électronique près chez moi (16 min)

Pour fabriquer une tablette électronique, il faudrait plus de 300 kg de matières premières ; pour un four à micro-ondes, il en faudrait 2 tonnes… Tous les produits manufacturés dont nous disposons masquent d’immenses consommations d’énergie et de matières premières. Il convient donc d’en faire un usage raisonné, c’est-à-dire acheter peu, mais aussi avoir le réflexe de réparer. Là encore, un peu d’organisation au début permet d’être facilement efficace par la suite.

Je viens donc d’établir une liste de réparateurs dont je pourrais avoir besoin un jour ou l’autre, pour éviter à tout prix de jeter un objet qui serait réparable. Grâce à ce site Internet ainsi que celui-ci, j’ai identifié près de ma ville d’origine, Rodez, 8 réparateurs pour les téléphones portables, 9 pour l’électroménager, 27 pour les ordinateurs. L’offre ne manque donc pas, même dans un département rural comme l’Aveyron, et les réparateurs indépendants sont nombreux, avec 18 entreprises unipersonnelles parmi cette offre.

3) préparer 4 litres de lessive maison et écologique (12 min)

Un bidon en plastique qui ne partira pas à la poubelle jaune, du savon de Marseille râpé en copeaux, de l’eau bouillante, un peu de bicarbonate de soude, et voilà une lessive pas chère, efficace, écologique. Idéale pour ménager une fosse septique, ou l’environnement en général. Finis les emballages plastique ou carton aux graphismes surcolorés, les risques d’allergies, les phosphates rejetés dans les rivières.

Ma lessive maison et écologique. On devine qu’elle se sépare en deux phases, il suffit de remuer avant l’emploi.

4) imprimer un calendrier des fruits et légumes de saison (15 min, mon imprimante est vieille et capricieuse)

Au marché, à l’épicerie ou au rayon fruits et légumes du supermarché, deux fruits disposés à 30 cm l’un de l’autre peuvent avoir poussé à 10 000 km l’un de l’autre. On oublie de regarder les étiquettes, et on a acheté la poire de Nouvelle-Zélande plutôt que la poire de notre région. Mais ça encore, c’est le plus souvent affiché. L’autre erreur facile à commettre, c’est d’acheter un fruit ou légume qui n’est pas de saison. Et il peut très bien venir de chez nous, auquel cas il aura poussé en culture intensive, voir hors-sol, avec chauffage, ou lampes solaires, ou arrosage abondant, etc. Pour éviter cela, il suffit de connaître les produits de saison, ou du moins d’avoir l’information toute prête sous la main. Encore une fois : un peu d’organisation au début suffit.

Revenons au plus naturel : n’achetons que ce qui est local et de saison. Certes, on n’aura pas de tomates fraîches tout le temps, mais on les désirera d’autant plus, et ce seront de vraies tomates avec du goût. Une bonne solution est de s’abonner à un panier paysan, qui par définition ne livrera que des fruits et légumes venant juste de pousser ; cela amènera sans doute à redécouvrir quelques produits injustement délaissés, tels que panais, blette, rhubarbe, oseille, cresson, coing, salsifis… Si possible, on pourra aussi aller les cueillir soi-même, un certain nombre de fermes le proposent, cela prend du temps mais c’est agréable et économique. Sinon, il suffit de se munir de son calendrier mensuel, avant d’aller faire ses courses ou de choisir une recette de cuisine.

Pour ma part, je suis conscient depuis longtemps de cet enjeu, bénéfique pour la planète comme pour l’économie locale, mais je connais encore mal les fruits et légumes de saison. Voilà qui va être corrigé, avec ce calendrier que je viens d’imprimer sur ce site que j’ai déjà mentionné – il en existe d’autres.

5) apprendre une bonne recette végétarienne

J’aime manger de la viande et je ne compte pas devenir végétarien, mais je suis conscient du fort impact de l’élevage sur l’environnement. De la viande, sans en manger tous les jours, j’en mange plus qu’il ne faudrait. Surtout par tradition familiale et culturelle. C’est vrai, en France où la gastronomie est un art, un repas sans viande, dans nos esprits c’est un peu « la loose ». On a du mal à envisager d’inviter des amis pour les réunir autour d’un plat principal végétarien, car on aurait l’impression de ne leur servir que de l’accompagnement. Sans parler de la plupart des restaurants. Les mentalités changent doucement, mais cette tendance reste forte. Il en va autrement dans d’autres cultures, comme en Inde ou en Israël, où la cuisine végétarienne excelle.

Pour s’habituer à manger moins de viande, il manque la conviction qu’un plat végétarien peut être le centre d’un « vrai » repas. Pour faire un pas dans cette direction, j’ai choisi pour ce soir, parmi les dizaines de sites Internet dédiés à la cuisine, une recette végétarienne facile qui fasse un plat consistant : des lasagnes – sans tomates car elles ne sont pas de saison. Avec une bonne béchamel, une garniture de carottes, poireaux, pommes de terre, oignons, navets, de la noix de muscade et un bon gruyère pour gratiner, ça a été assez réussi, et j’ai convaincu ma partenaire de fourchette. Moi qui ne cuisine pas souvent, ça a été une bonne occasion de pratiquer un plat que je pourrai ajouter à ma (courte) liste de recettes maîtrisées, contribuant à réduire ma consommation de viande.

Mes lasagnes végétariennes de ce soir.

N’ayez pas d’inquiétudes en voyant que je commence à poster des photos de ce que je mange, De qué volèm? ne va pas devenir un blog de cuisine. Mais enfin puisque je parle de s’engager à de petits actes écoresponsables, il faut bien que je rende des comptes à quelqu’un – vous – sinon la notion d’engagement disparaît. Et j’espère que cela vous motivera.

Conclusion

Un bilan carbone, une liste de magasins, 4 litres de lessive, un calendrier imprimé, et un plat de lasagnes ! Voilà mes petites actions concrète du jour, en faveur d’un mode de vie plus sobre et plus respectueux de l’environnement.

Cela vous paraît ridicule ? trivial ? trois fois rien ? C’est en partie vrai, mais je crois que c’est exactement de ça dont il s’agit. C’est un début, et par une accumulation de gestes triviaux qui vont dans le bon sens, on finit par avoir un réel impact positif sur l’environnement. De même que par une accumulation de gestes triviaux négligeant la planète, on finit par être un pollueur parmi des milliards d’autres.

C’était trivial, mais au moins c’est fait. Ces petites actions, je les ai en tête depuis longtemps, or je ne les ai jamais réalisées, sans autre excuse que ma flemme. Combien sommes-nous comme moi, à déplorer les désastres écologiques mais à ne même pas entreprendre de telles petites actions ? Savoir qu’il faudrait faire peut donner l’illusion d’avoir fait. Le plus important me semble être de commencer à agir, pas la taille des premières actions ; et je l’avoue, sans écrire cet article, il n’est pas sûr que je me serais motivé à réaliser ces cinq gestes pourtant anodins, il y avait bien un petit pas à franchir. À la fin de la journée, j’ai trouvé ce trois fois rien déjà satisfaisant, et encourageant. Alors, choisissez vos actions concrètes, engagez-vous devant les autres pour mieux agir, répandez autour de vous la communication engageante, et on en reparle bientôt pour aller plus loin.

3 réflexions sur « Des actions écologiques concrètes à commencer pendant le confinement »

  1. Coucou Thomas,
    Belle réflexion. Après plusieurs années à faire des petits gestes (du genre éteindre la lumière et trier les déchets) j’ai aussi fait notre bilan carbone il y a un peu plus d’un an. C’est un exercice que je recommande à tout le monde. Ça a boosté notre motivation, permis de cibler nos actions et découvert de nouvelles pistes insoupçonnées (typiquement les biens de consommation).
    Du coup on a beaucoup réfléchi avant la naissance de notre fille et on a réussi à faire beaucoup plus simple (et plus économique) que la plupart des parents (les couches lavables je plussois, même avec une machine à laver commune dans l’immeuble)… Budget actuel pour la petite à ses 5 mois: probablement 3500-4000 € en incluant l’achat du vélo porteur à 2500 € et tout l’équipement de base (dont les couches lavables taille naissance et jusqu’à 3 ans) et quasiment passe produits neufs. (On a eu quelques jouets et habits en cadeau, c’est vrai)
    Quand on a bien remis son mode de vie en question, on se rend compte aussi des limites de l’action personnelle (typiquement isolation de son appart’ en locatif, je serais d’ailleurs ravie de répondre à ton appel, dire que je t’en avais déjà parlé il y a… 4ans? j’ai honte là) et de la complémentarité entre action personnelle et politique.
    En tout cas je te souhaite une bonne continuation avec ton blog et tes actions personnelles!
    Léonie

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    1. Salut Léonie, bravo pour ces actions de parents doublement responsables. Vous avez l’air bien motivés, je vous demanderai conseil si j’ai des enfants 😉 C’est vrai qu’on peut faire beaucoup en s’organisant et sans trop d’efforts.
      Plusieurs personnes m’ont dit avoir dressé leur bilan carbone après avoir lu cet article, un copain a par exemple remis en cause son épargne financière (passée à la NEF qui est une banque plus éthique), car sa banque comme la plupart finançait l’exploitation pétrolière. Il y aura peut-être d’autres retours !
      Les biens de consommation sont en effet un poste méconnu d’émission de CO2 et il faut nous habituer à en avoir bien moins qu’aujourd’hui, car cela va s’imposer tôt ou tard (voir paragraphe « produits manufacturés » sur https://jancovici.com/changement-climatique/quel-monde-ideal/que-peut-on-dire-sur-un-monde-qui-serait-energetiquement-vertueux/)

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